3 questions à Marlène Schiappa, présidente de l’association « Maman travaille »

1) Pouvez-vous nous donner 3 bonnes raisons de lire votre blog « Maman Travaille » ?

Le blog Maman travaille est mis à jour chaque matin avec un nouvel article.
C’est gratuit (vous n’aurez rien à ajouter à votre déclaration de patrimoine).
Si ça ne vous plaît pas, vous pouvez fermer la fenêtre (chose qu’on ne peut pas faire dans la vraie vie).

2) Quels livres lisez-vous en ce moment ?

J’ai terminé récemment La femme qui décida de passer une année au lit, que je recommande: un livre qui donne un coup de pied dans la fourmilière de la famille ! L’histoire d’une mère qui en a marre et qui pète un plomb, mais au lieu de casser des assiettes elle passe un an au lit et réfléchit au sens de la vie ! Comme ça, ça a l’air plombant mais pas du tout, les amateurs d’humour anglais adoreront.

Je viens aussi de finir L’effroyable imposture du rap, de Cadet, sur les conseils de mon libraire. C’est agréable à lire malgré quelques imprécisions et quelques lapalissades (les producteurs de rap veulent vendre des disques, sans blague ?)

Sinon, je viens de commencer la lecture d’un très vieux livre que j’ai trouvé au fond d’une bibliothèque chez moi, qui s’appelle Le Guide des affaires et date des années 50-60. C’est très drôle de découvrir les conseils sur lesquels les carrières et la vie quotidienne se basaient à l’époque. Un conseil que donne l’auteur est « Si vous voulez réussir, épousez une femme au foyer qui gèrera pour vous toutes les contingences matérielles. » Visiblement dans ce contexte, on n’imagine même pas qu’un guide pro puisse s’adresser aux femmes… J’ai une passion pour les vieux livres, les livres « vintage », surtout les guides pratiques genre « Guide de la bonne ménagère » ou au contraire des livres ultra féministes, comme celui du Collectif des femmes de Boston. Dans le livre du Collectif des femmes de Boston, on lit leurs revendications: plus de places en crèche, l’égalité des salaires… c’est parfois un peu déprimant de se dire que depuis 40 ans, on demande les mêmes choses.

Heureusement j’ai l’impression qu’on avance tout de même et que, depuis quelques années, on commence à réaliser que concilier vie pro et vie de famille est l’affaire de toutes et tous, mères mais aussi entreprises, État, collectivités… et bien sûr pères !

Et je mentirais si je disais que je ne lis pas mon propre livre, Les 200 astuces de Maman travaille, que je viens de recevoir ! J’ai plaisir à le relire sur papier, avec une belle maquette, des illustrations de Clémence Bachelart qui est super douée (pour une femme qui n’a pas d’enfant, elle illustre à merveille le thème du télétravail avec des enfants ! Elle a mis une webcam chez moi ou quoi ?) Et comme beaucoup d’astuces sont des conseils donnés par des mères actives que j’admire, et qui concilient tout à merveille, c’est toujours un plaisir de me les remettre en tête.

3) Si vous le pouviez, quelle loi concernant les mères actives souhaiteriez-vous faire passer ?

Vous connaissez cette histoire du génie qui demande « Quel est ton vœu ? » à la personne qui répond: « Mon vœu c’est d’en avoir trois » ? Bon, voilà, nous y sommes 🙂 Faisons un compromis et disons deux lois :

D’abord allonger et mieux rémunérer le congé paternité. Car avec une présence accrue des pères, on part sur de bonnes bases pour partager les responsabilités parentales, les tâches ménagères… mais aussi pour dépister le baby blues, par exemple, et réfléchir à deux, en prenant les deux trajectoires en considération.
Ensuite je demanderais à la CAF d’adresser les formulaires de demandes de congé parental. Quand on reçoit une lettre demandant à Madame la mère si elle veut un congé parental, ça exclue le père d’office. Si les parents ne font pas la démarche, ils peuvent même ignorer que les hommes aussi y ont droit ! C’est une double injustice.
En juin, je pars à Bruxelles avec deux membres fondatrices de Maman travaille, Anaïs Lunet et Amel Kefif. Nous allons défendre la candidature de l’association Maman travaille auprès d’un lobby familial du Parlement européen, pour inciter l’Europe à choisir le projet « 2014: année européenne de la conciliation vie professionnelle / vie familiale. » Depuis 2008, nous avons rencontré une douzaine d’élu-es, maires, ministres, secrétaires d’État, présidents de collectivités; et des DRH d’une trentaine d’entreprises, dont certaines seront partenaires de notre Journée Maman travaille du 6 juin à Paris. C’est un travail de longue haleine, mais je ne désespère pas: mon expression « plafond de mère » est par exemple très reprise dans les médias et institutions. Tous ensemble, nous allons finir par parvenir à une meilleure politique de conciliation vie pro / vie familiale !

Comment faire une bonne première impression ?
Conseils aux femmes qui veulent réussir leur carrière