Comment faire une bonne première impression ?

Aujourd’hui Éric Goulard, auteur du livre Comment détecter les mensonges (disponible très prochainement), nous parle de l’importance de la première impression et nous donne les grandes règles pour la réussir.

Décryptage de ce phénomène relationnel pas seulement humain…

Dans la vie de tous les jours, nous avons de multiples occasions de décevoir nos interlocuteurs. Cela peut être consciemment et volontairement, mais également complètement involontaire. Vous étiez souriant, vous êtes venu avec un dossier bien préparé, vous portiez votre plus beau costume et votre parfum préféré. Vous aviez mis toutes les chances de votre côté et pourtant votre interlocuteur ne semble pas adhérer à votre discours. Que se passe-t-il ? Pourquoi vous semblait-il méfiant dès le départ ? Cet entretien avait pour objectif d’apprendre à se connaître. Alors pourquoi une telle attitude de méfiance de sa part ? Bizarre… !

Ce phénomène est lié à la perception que l’on a de l’autre dès les premières secondes de la rencontre. Tels deux chiens qui se reniflent lorsqu’ils se croisent. Tous leurs sens sont en éveil durant les premières secondes. Ils se regardent, se reniflent, écoutent et perçoivent tout un tas de signaux non verbaux qui vont indiquer si cet autre chien présente une menace pour eux ou non. Quelques secondes suffisent pour décider inconsciemment s’ils se trouvent face à un danger.

Chez les humains, c’est la même chose ! Comme chez le chien et chez les autres mammifères, le système limbique veille à notre sécurité. Il gère les émotions et les réflexes. Son rôle est d’analyser les signaux perçus par nos 5 sens et de réagir à toute menace pouvant mettre notre vie en danger. Le cerveau limbique est capable de gérer de très nombreuses informations chaque seconde, et de déclencher des réflexes immédiatement si un danger se présente. Ces réflexes sont extrêmement rapides et incontrôlables.

Ainsi, la première impression est fondamentale lorsque nous rencontrons une nouvelle personne. Vous n’avez que quelques secondes pour rassurer votre interlocuteur. Tout se joue généralement dans la première minute. Les 5 premières secondes sont essentielles, les 25 secondes suivantes apportent des informations complémentaires et permettent de se faire une première évaluation de l’autre et du danger. Les 30 secondes suivantes viennent conforter ce que l’on a pu percevoir durant les 30 premières secondes.

Quand deux personnes se rencontrent, elles se regardent, s’analysent et généralement se touchent : la poignée de main ou la bise nous rapproche de l’autre. Nous envahissons son territoire intime durant un bref instant avant de reprendre une position plus éloignée. Cette distance que nous marquons volontairement après la poignée de main nous est aussi dictée par notre système limbique. En cas de danger, nous devons être en mesure de fuir ou d’attaquer. Si nous sommes trop proches de l’interlocuteur, nous ressentons un inconfort lié au fait que nous n’avons pas suffisamment d’espace pour nous permettre de réagir efficacement en cas de danger.

Règle 1 : respectez l’espace personnel de votre interlocuteur

L’une des premières règles à respecter lorsque l’on est en présence d’autres personnes est de toujours veiller à préserver leurs besoins de sécurité. Il est important de leur laisser le choix de votre présence en ne leur imposant pas la vôtre. Si vous vous approchez trop près d’eux, vous les verrez peut-être faire un pas en arrière. S’ils sont assis, ils ont tendance à se reculer. Si vous envahissez leur espace, vous créerez chez eux des émotions négatives. Cela est aussi valable si vous leur serrez la main trop longtemps. Tout envahissement de l’espace personnel créera des émotions négatives.

Règle 2 : veillez à votre poignée de main

La première poignée de main laissera une impression inconsciente et parfois intense qui pourra rester à l’esprit durant plusieurs minutes, voire même c’est peut-être la seule chose que votre interlocuteur retiendra de l’entretien ! Si elle est molle, trop forte, moite, collante, peu soignée, trop rapide ou trop brutale… elle aura pour conséquence de créer des émotions négatives chez votre interlocuteur. À l’inverse, une poignée de main franche, sèche et parfaitement calibrée en termes de force et de durée laissera une impression positive. La poignée de main est un acte social universel dans notre société occidentale. Elle doit être parfaite !

Les mains sont une extension visible du cerveau, elles peuvent présenter un danger, servir à frapper et notre système de défense le sait. Ainsi, vous avez tout intérêt à toujours laisser vos mains et vos doigts visibles en arrivant. La paume de la main tournée vers le haut montre à votre interlocuteur que vos mains sont libres, qu’elles ne contiennent pas d’objets pouvant le frapper.

Votre main droite est disponible pour le saluer. Elle est propre, sèche, à la température du corps. Si vous avez l’impression que votre main est froide, placez-la un instant dans votre poche pour la réchauffer avant de rencontrer votre interlocuteur. Collez-la contre le tissu de vos vêtements pour éventuellement la sécher. La poignée de main idéale dure généralement 1 seconde. Vous pouvez renforcer votre message non verbal par des mots agréables, cela ayant pour objectif d’accentuer les émotions positives.

Règle 3 : soignez votre arrivée

Votre position physique doit montrer votre professionnalisme et votre dynamisme. Vous êtes calme, souriant, rassurant et bienveillant. Si vous êtes assis et que votre interlocuteur arrive vers vous, levez-vous et placez-vous face à lui. Baissez brièvement la tête pour le saluer et conservez une distance raisonnable. Ne restez pas trop près de lui. Laissez-lui l’initiative de se rapprocher de vous, surtout si votre interlocuteur est une femme et que vous êtes un homme. Encore une fois, ne lui imposez pas votre présence, surtout dès le début de votre entretien.

Règle 4 : regardez votre interlocuteur sans le fixer du regard

Quand deux personnes communiquent, il est normal que leur regard soit mobile. Un regard fixe et direct aurait pour conséquence de mettre l’autre mal à l’aise. Gardez un regard amical, tout en souriant sincèrement. Bien entendu, il faudra vous adapter à la situation : vous éviterez de sourire lors d’un enterrement… Souvenez-vous qu’un simple regard suffit à transmettre une émotion de joie, de colère, de surprise, de peur ou de tristesse.

Enfin, ce qui est valable pour vous est valable pour les autres. Nous répondons aux mêmes lois d’analyses inconscientes dictées par notre cerveau limbique. Ne soyez pas pétrifiés à l’idée de rencontrer votre interlocuteur. Il est possible qu’il soit plus stressé que vous !

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